Lexique de termes miniers

Barrage de remblai : Lorsqu’on veut isoler une zone de la mine incendiée, on construit un barrage de remblai, c’est-à-dire que l’on obstrue avec des terres argileuses les accès de l’air à cette zone. Le feu, qui n’est plus alimenté en air, s’étouffe et s’éteint au bout de quelques mois.

Bassin de la Loire : Le bassin houiller de la Loire s’étend d’est en ouest de Communay, au sud de Lyon, jusqu’à Firminy. A l’est, de Communay à Saint-Chamond, il reste très étroit et comprend des zones stériles. Il se renfle à son extrémité ouest, à Saint-Étienne, Roche-la-Molière, Firminy.
Ce bassin est exploité depuis le Moyen Age à Roche et à Saint-Genis-Terrenoire, mais c’est à la fin du 18e siècle que débute la mise en valeur industrielle de la vallée du Gier, avec l’ouverture en 1780 du canal de Givors. La région stéphanoise, qui utilise depuis le 15e siècle la houille pour ses forges d’armes et de quincaillerie, s’ouvre à la grande industrie charbonnière à partir du développement du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon.
Les mines de la Loire emploieront jusqu’à 20 000 personnes et produiront jusqu’à 5 millions de tonnes annuelles (1918). Le dernier puits a fermé en 1983 à la Ricamarie. On estime que 500 millions de tonnes de charbon ont été extraites du sous-sol de ce bassin, qui était, après le Nord-Pas-de-Calais, le second de France.

Boisage : Le boisage est le soutènement des galeries et des chantiers par des étais ou des cadres de bois, souvent de sapin.

Chevalement : Le chevalement est une solide charpente, de bois puis de métal portant les poulies ou « molettes » qui assurent le renvoi du câble d’extraction dans le puits lui-même. Un chevalement possède toujours des jambes de force qui s’opposent aux efforts opérés par la machine à vapeur d’extraction. Enfin, il abrite une « recette », où l’on reçoit les charbons extraits. Dans le bassin de la Loire, les chevalements sont le plus souvent en bois, mais les Houillères de Saint-Etienne ont expérimenté, dès les années 1860, des chevalements construits en tubes de fer, comme au puits Saint-Louis.

Coke : Le coke est de la houille distillée en vase clos. On utilise le coke dans les hauts-fourneaux, pour produire de la fonte. La combustion des poussières de charbon provoque la formation de croûtes de coke aisément observables sur le boisage.

Coup de mine débourré : On emploie souvent l’explosif pour abattre le charbon ou le rocher. Il faut pour cela forer des trous de mine, les remplir d’explosif (de la poudre noire puis de la dynamite après 1870), les fermer par un bourrage d’argile, et faire détoner l’explosif. Le coup peut rater par débourrage, c’est-à-dire par expulsion de la bourre. Dans ce cas, un jet de feu sort du trou pendant plusieurs secondes… C’est une des causes les plus fréquentes des coups de grisou.

Cribles : Tamis qui trient le charbon en fonction de sa granulométrie : le « gros » est plus estimé que les « fines ». Les charbons passent ensuite dans les lavoirs où ils sont débarrassés de leurs impuretés (schistes le plus souvent) pour former des produits marchands.

Cuffat : Avant les cages guidées (la première est installée dans la Loire en 1856 seulement), qui fonctionnent comme les ascenseurs modernes, on descendait dans la mine dans un gros tonneau, le cuffat.

Grisou : Gaz qui se dégage de certains charbons, au sein desquels il est contenu à la manière de l’au dans une éponge. Chimiquement, il s’agite de méthane (CH4). Le grisou est inodore et incolore. Il détone en présence d’une flamme ou d’une étincelle lorsqu’il est mélangé à l’air dans la proportion de 5 à 16 %. L’explosion peut rester locale ou se propager dans de vastes parties de la mine, en fonction de la présence du gaz.

Houille, houiller : Au 19e siècle lorsqu’on prononce le mot « charbon », on désigne souvent le charbon de bois qui était largement utilisé comme combustible industriel et comme agent de réduction. La houille, c’est le « charbon de terre ». L’adjectif houiller indique un rapport avec la houille : le géologue utilise l’expression « terrain houiller ».

Lampes ouvertes ou à feu nu, lampes Mueseler, lampes Marsaut : La mine souterraine est un milieu totalement obscur. Pour y travailler, il est nécessaire d’avoir recours à des lampes dont la flamme (si elle n’est pas protégée) peut faire détoner le grisou. Les mineurs ont longtemps utilisé des lampes à huile à feu nu appelées « crézieux » dans le bassin de la Loire. La première lampe de sûreté vient de Grande Bretagne en 1816 : c’est la lampe Davy, du nom de son inventeur, le chimiste Humphrey Davy. C’est une lampe recouverte d’un tamis métallique serré, qui dégage peu de lumière mais protège efficacement contre le grisou pour peu que le courant d’air ne soit pas trop vif. Le défaut d’éclairage de la Davy provoque de nombreuses ouvertures de lampes : les hommes veulent y voir clair ! La lampe Mueseler date de 1844 mais elle ne se répand dans le bassin qu’à la fin des années 1860. Elle se compose d’une lampe à huile, d’un verre, d’un tamis métallique et d’une cheminée placée à l’intérieur de ce tamis. Lorsque le grisou brûle dans la lampe, les gaz issus de sa combustion deviennent trop abondants pour que la cheminée les évacue. Ils retombent alors sur la flamme et l’éteignent. On ajoute à la lampe Mueseler des fermetures de plus en plus sûres, comme la fermeture magnétique de Villiers (1873). La lampe Marsaut succède à la Mueseler dans les années 1890. Cette lampe porte deux tamis et une cuirasse qui la protègent des courants d’air. Associée à une fermeture efficace, c’est un type très sûr, toujours en usage dans les mines.
Notons que ces lampes se conduisent comme des indicateurs de grisou : lorsqu’il y a du gaz, leur flamme s’allonge et avertit les mineurs du danger.

Lavoirs à charbon : Le charbon brut, extrait de la mine contient des schistes et des impuretés qu’il faut éliminer pour obtenir un produit marchand. C’est la fonction des lavoirs qui séparent les stériles du charbon en utilisant leurs différentes densités.

Poussières : Les poussières fines issues de charbons riches en gaz sont susceptibles d’exploser. C’est l’explosion des poussières qui est la cause de l’effroyable catastrophe de Courrières, en 1906 dans le bassin du Nord-Pas-de-Calais : 1099 victimes sans intervention du grisou ! Il semble que les poussières aient joué un rôle important dans les catastrophes de Jabin en 1876 et de Verpilleux en 1889. Le mécanisme a dû être le suivant : détonation du grisou et soulèvement des poussières, détonation des poussières, le souffle provoquant le soulèvement de nouvelles poussières et ainsi de suite.
L’Administration des mines françaises n’a reconnu que tardivement le risque des poussières, après Courrières.

Puits, puits d’entrée et de retour d’air, puisard : La ventilation des travaux miniers impose la présence de deux orifices, l’un pour l’entrée de l’air pur (puits d’entrée d’air) et l’autre pour la sortie de l’air vicié (puits de retour d’air). Le puisard se situe à l’endroit le plus bas de la mine : c’est là que se rassemblent les eaux et qu’on les évacue par pompage. En termes de métier, on parle d’exhaure.

Ventilation, aérage mécanique, ventilateur aspirant : La ventilation des travaux est un art difficile ! En effet il faut que l’air frais aille partout alors que naturellement le courant d’air emprunte le passage le plus facile. D’où des aménagements complexes de portes et de sas. Dans le premier 19e les houillères sont aérées naturellement, par le jeu de la différence de température qui règne entre les travaux du fond et la surface. L’avantage de ce système est sa gratuité et sa fiabilité, les forces naturelles ne tombant jamais en panne. Mais les inconvénients sont terribles : en cas d’égalité entre la température extérieure et souterraine, la ventilation s’arrête et le grisou n’est plus chassé. Lorsqu’il fait plus froid à l’extérieur qu’à l’intérieur de la mine, le puits le plus élevé sert de retour d’air, mais en cas contraire, s’il fait plus froid dans la mine qu’à la surface, ce même puits va devenir une entrée d’air et provoquer l’inversion du courant ! La vraie solution, est l’aérage par des ventilateurs. Le premier du bassin stéphanois est installé en 1869 à la Ricamarie. Les ventilateurs peuvent être soufflants, installés sur le puits d’entrée d’air, ou aspirants et installés dans ce cas sur le puits de retour d’air.