Dans ces catastrophes, les responsabilités humaines sont multiples. En premier lieu, il y a celle des compagnies houillères, certaines répugnant à la coûteuse installation de ventilateurs modernes. Il y a aussi celle des mineurs eux-mêmes, population rude, mal fixée parce que recrutée « au prix fait » dans le cadre d’équipes basées sur la parenté ou l’amitié, à l’instar des brigades de paysans qui se « louent » pour les moissons ou les vendanges. Cette population est peu instruite des dangers spécifiques du milieu souterrain : les ingénieurs luttent contre la tabagie au fond, contre les lampes ouvertes ou à feu nu. Enfin, il faut évoquer l’inertie initiale de l’administration des mines, pourtant chargée par la loi de 1810 de faire régner la sécurité dans les travaux.
Dans la pratique, le laisser-faire industriel de la Monarchie de Juillet puis de l’Empire paralysent l’usage de la contrainte : l’administration indique que le pouvoir réglementaire appartient au chef du pouvoir exécutif, pas au Ministre des Travaux publics dont elle relève. Il faudra les catastrophes que l’on va maintenant présenter pour faire bouger les lignes.