L’exploitation du charbon ligérien au 19e siècle

Le charbon est exploité depuis très longtemps à Saint-Étienne pour les besoins de l’industrie locale spécialisée dans la fabrication des armes et de la quincaillerie. En 1816, on produit 129 000 tonnes de charbon dans la Loire. A partir de 1833, le chemin de fer de Lyon permet l’expansion du bassin, faisant monter la production au million de tonnes dès 1836, dans le contexte fébrile de la révolution industrielle. C’est à cette période que les concessionnaires se rassemblent dans la Compagnie des Mines de la Loire, née pour maîtriser le marché. Ses ingénieurs engagent une première rationalisation du bassin en concentrant la production sur des puits moins nombreux mais plus puissants. En 1853, la « Grande Compagnie » est contrainte à la dissolution par décret. Lui succèdent quatre grandes entreprises :

1. La Compagnie de Rive-de-Gier,
2. La Société des Houillères de Saint-Étienne,
3. S.A. des Mines de la Loire,
4. Montrambert-Béraudière

Ces sociétés héritent de la volonté de concentrer l’exploitation, mais aussi de structures anciennes, témoins d’une histoire industrielle déjà longue. Le bassin extrait alors près de 2 millions de tonnes. La vitesse de croisière est atteinte à la fin du Second Empire : la production oscille alors autour de 3,5 millions de tonnes par an. Mais la plupart des puits datent encore de la décennie 1830-1840 : chevalements de bois, extraction par tonnes non guidées, persistance de méthodes d’exploitation dépassées, transport souterrain en évolution, aérage naturel surtout. Le bassin de la Loire, contrairement à celui du Pas-de-Calais découvert en 1847, n’est pas le théâtre d’une innovation globale, mais on y intensifie les techniques traditionnelles, particulièrement en concentrant dans les chantiers, souvent grisouteux et poussiéreux, des hommes de plus en plus nombreux.

< Page précédente | Page suivante >