1889 : Verpilleux

Le 3 juillet 1889, les travaux des puits Verpilleux (au sud de l’échangeur autoroutier de la Talaudière) et Saint-Louis (juste au nord du cimetière du Soleil), concession de Méons exploitée par la société des Houillères de Saint-Etienne sautaient, victimes du grisou et des poussières.
Cette catastrophe, la plus importante en France avant Courrières (en 1906 dans le Pas-de-Calais), causa la mort de 207 mineurs, atrocement brûlés.
En raison d’un incendie souterrain, on dut noyer le puits Verpilleux et le sauvetage dura jusqu’au 6 septembre, à cause de la réduction des éboulements causés par l’explosion. L’exploitation était pourtant équipée de moyens de sécurité sérieux : ventilateur aspirant, toutes nouvelles lampes Marsaut, les meilleures, dépassant les Mueseler. De plus, l’ingénieur Villiers alors directeur des Houillères de Saint-Etienne était un savant mineur, soucieux de la sécurité (en 1875, il mit au point une fermeture magnétique des lampes de sûreté, toujours en usage dans son principe). A l’origine de l’explosion, on ne découvrit pas d’indices d’une erreur humaine : lampe ouverte ou coup de mine débourré. La cause initiale de l’explosion a été attribuée au choc d’un pic contre un rognon de fer carbonaté, produisant une étincelle propre à enflammer une accumulation locale de grisou.
Le procès intenté contre le directeur et l’ingénieur en chef du fond, Chansselle, aboutit à leur relaxe.

La catastrophe eut un retentissement considérable et détermina l’Administration des Mines à réagir : les ingénieurs Curières de Castelnau et Coste sont nommés dans la Loire en 1890 en remplacement de Chosson.

L’émotion suscitée par cette catastrophe entraîna un mouvement de solidarité : banquets, tombolas, souscriptions furent organisés dans toute la région. Une cavalcade suivie d’une kermesse permirent l’indemnisation des veuves et orphelins. 806 000 F. furent recueillis. Il ne faut pas oublier que l’indemnisation des accidents du travail n’était pas la règle : elle ne deviendra effective qu’à partir de la loi de 1898.

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